Et si vous optiez pour un « Panier Bio » dans une AMAP ?

Le principe de l’AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) repose sur le partenariat entre une exploitation locale et un groupe de consommateurs. Ce concept est apparu au Japon dans les années 1960 suite à l’inquiétude de mères de familles face à l’industrialisation de l’agriculture liée à l’utilisation à grande échelle de produits chimiques. Elles fondèrent alors des coopératives permettant d’acheter par souscription auprès de paysans des aliments exempts de produits chimiques.

Ce concept a été introduit en France au début des années 1990 dans le cadre de chantiers d’insertion de personnes en difficulté. L’année 2003 vit la naissance d’une charte des AMAP et l’enregistrement de ce terme auprès de l’institut national de la propriété industrielle (INPI). L’utilisation de la marque implique le respect de cette charte, réactualisée en 2014. Celle-ci ne doit cependant pas être considérée comme un règlement intérieur, chaque AMAP définissant son propre mode de fonctionnement. Elle pose simplement les principes fondamentaux et les engagements découlant de ces principes.

Le fonctionnement de l’AMAP

Une AMAP se crée suite à l’établissement d’un contrat entre un producteur et un groupe de consommateurs sans nombre minimal défini. Généralement elle se construit progressivement, un certain nombre de consommateurs potentiels attendant de voir si elle fonctionne bien pour s’engager. Le contrat s’établit sur une saison printemps/été ou automne/hiver) ou sur une année. Quantité et diversité de denrées à produire sont définies ensemble; il peut s’agir de viande, fromage, oeufs, fruits, légumes… Une grande diversité permet la consommation d’aliments variés, la limitation des risques liés aux aléas climatiques et l’étalement de la durée de la saison.

Durant la saison, un « panier » composé de produits frais est mis à disposition des partenaires par le producteur de façon périodique (par exemple une fois par semaine). Ce panier varie selon la disponibilité des produits ; ainsi les fruits et légumes sont cueillis le matin pour être distribués le jour même, donc tout dépendra de leur matérité. Préalablement au lancement de l’AMAP les lieux et heures de distribution auront été fixés, ainsi que le prix du panier.

La distribution peut s’effectuer directement à la ferme si les partenaires de l’AMAP résident à proximité ou dans un point de chute qui sera défini. Le but étant de satisfaire un maximum de consommateurs, l’horaire sera également fixé en fonction de cet objectif.

Pour être équitable, le prix du panier doit à la fois être abordable pour le consommateur et offrir un revenu décent au producteur une fois ses frais de production couverts. Généralement il n’est guère éloigné d’un panier équivalent en grande surface. La grande différence provient de la qualité gustative et nutritionnelle : n’ayant pas à se soucier du rendement et de la vente, le producteur porte toute son attention sur une qualité qui satisfera le consommateur.

Plusieurs facteurs concourent à offrir un prix raisonnable pour une qualité supérieure : l’absence de coûts d’emballage, l’absence d’intermédiaires et l’absence de pertes au niveau des produits. En effet, toutes les denrées produites sont consommées, au contraire de la grande distribution qui achète uniquement les produits standardisés (raison pour laquelle vous n’y trouverez jamais de légumes aux formes bizarres mais n’ayant aucune incidence sur leur qualité gustative), d’où l’obligation pour le producteur de n’effectuer qu’une récolte partielle. Dans le cadre de l’AMAT il peut donc reporter les coûts sur l’ensemble de la production, ce qui permet la diminution du prix des denrées.

Les méthodes de culture s’établissent également d’un commun accord entre producteur et consommateurs. Elles reposent à la fois sur la charte de l’agriculture paysanne et sur le cahier des charges de l’agriculture biologique, ce qui explique que le panier de l’AMAP soit un panier bio répondant à une recherche de produits sains de la part du consommateur.

Les engagements du producteur

Ils sont à la fois d’ordre éthique, économique et social et sont stipulés dans le contrat.

  • L’engagement éthique repose sur le respect des principes de la charte et sur la transparence en ce qui concerne les pratiques d’élevage, de culture et de transformation.

  • L’engagement économique est basé sur l’établissement avec le consommateur d’un prix forfaitaire équitable, stable et garanti tout au long de la durée du contrat ; sur la mise en oeuvre des moyens permettant de livrer régulièrement les quantités définies dans le contrat ; sur la livraison de produits de saison issus de la ferme et diversifiés, frais ou transformés. Le contrat indique les mentions spécifiques dont les produits transformés doivent faire l’objet, particulièrement sur le processus de fabrication et la traçabilité.

  • L’engagement social implique que le producteur soit présent (ou représenté en cas d’empêchement) sur le lieu de livraison ; qu’il sensibilise les consommateurs au métier et à la vie à la ferme grâce aux liens qu’il crée et entretient avec eux ; qu’il s’investisse dans la vie de l’AMAP et de ses partenaires.

Les engagements du consommateur

Ils sont du même ordre que pour le producteur.

  • Engagement éthique : faire évoluer ses pratiques tout en respectant les principes de la charte afin de pérenniser l’AMAP.

  • Engagement économique : pré-paiement de la production à un prix équitable pour la période du contrat, sans échange marchand sur le lieu de livraison ; prise en compte avec le producteur des aléas et fluctuations liés à son activité.

  • Engagement social : respect des modes de fonctionnement de l’AMAP ; implication dans la vie de l’AMAP (animation, livraison…) ; participation aux activités de soutien aux producteurs et aux visites de la ferme.

L’intérêt de l’AMAP

L’AMAP présente deux avantages principaux pour le producteur : d’une part elle lui assure une certaine sécurité financière, les produits étant payés à l’avance par les consommateurs. D’autre part le fait de travailler pour des personnes qu’il connaît et d’échanger régulièrement avec elles gomme un peu le côté commercial et le valorise sur un plan social.

Deux intérêts principaux également pour le consommateur : d’un côté, en soutenant un producteur local de façon directe et en développant des liens entre la ville et la campagne, il effectue une action citoyenne ; par ailleurs, le fait de consommer des aliments frais, bio, diversifiés et de saison est bénéfique à sa santé et à son bien-être.

Le développement des AMAP présente aussi des avantages pour la société. Ce mode d’alimentation est bien moins énergivore et polluant : peu d’emballages, pas de transport sur des centaines de kilomètres, protection de l’eau et des sols grâce à cette agriculture favorisant la biodiversité. Il permet également de découvrir ou redécouvrir des produits d’antan souvent oubliés, parties prenantes de l’alimentation régionale ou locale. Il participe à l’amélioration de l’économie locale par des créations d’emplois. N’oublions pas, enfin, que l’AMAP est un plus pour les liens sociaux et qu’elle restaure la confiance et le sens de la communauté.

Il faut également noter que les personnes à faible revenu ne sont pas exclues de l’AMAP. Pour éviter que le pré-paiement des paniers ne représentent un frein pour elles, diverses solutions leur sont proposées comme l’encaissement échelonné des chèques ou la possibilité d’apporter leur aide à la distribution en échange d’une réduction du prix.

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